Anastasia Nicolaevna Romanova dite Anastasia Nicolaevna de Russie est née le 18 juin 1901 au palais du Peterhof, près de Saint-Pétersbourg.
Elle est la quatrième fille de l'empereur Nicolas II Alexandrovitch et de l'impératrice Alexandra Feodorovna. De par les origines de sa mère, Anastasia est aussi une arrière-petite-fille de la reine Victoria, reine du Royaume-Uni.
Le titre donné à Anastasia de Russie est alors Son Altesse Impériale la grande-duchesse Anastasia Nicolaevna de Russie.
Pour tout vous dire, c'est de la légende qui entoure Anastasia que je souhaite parler. Mais pour cela, il faut d'abord vous en apprendre un peu plus sur cette femme.
Anastasia avait un frère : Alexei, et trois soeurs : Olga, Tatiana et Maria; elle était d'ailleurs très proche de cette dernière.
Anastasia était un garçon manqué. Elle est très active, espiègle, taquine, bruyante, mais aussi souriante et ayant une grande joie de vivre. Contrairement à ses trois soeurs, Anastasia n'adopte pas du totu un comportement dit "princier". D'ailleurs, elle supplia vainement sa mère de la faire scolariser dans un institut, pour qu'elle puisse se faire des amies; et elle aurait même souhaité de mener une carrière d'actrice de théâtre. Au grand désespoir de sa mère !
Il semblerait qu'Anastasia était très douée, mais pourtant l'école l'intéressait peu.
Elle refusait de parler allemand, la langue maternelle de sa mère, et préfèrait parler français avec son précepteur, Gilliard.
Il lui arrivait d'aller fumer en cachète dans le jardin, accompagnée de sa soeur Olga.
En 1917 sonne le glas du régime impérial à cause de la révolution de février. Le gouvernement perd le soutien de tout le peuple russe et Nicolas II n'a pas d'autre choix que d'abdiquer en faveur de son frère le grand duc Michel en mars 1917.
La famille impériale est alors assignée à résidence au palais de Tsarskoïe Selo.
Le ministre de la justice Kerenski tente d'organiser l'exil de la famille impérial vers le Royaume-Uni, puisque le roi George V est un cousin germain de l'empereur russe Nicolas II par sa mère, et cousin germain d'Alexandra par son père.
Mais George V refuse, craignant de devenir impopulaire.
Dès lors, la famille impériale de Russie est emprisonnée à Perm, puis à Tobolsk, et finalement à Iekaterinbourg, où seuls cinq domestiques ont pu les suivre (le médecin, le cuisinier, le marmiton, le laquais et la femme de chambre).
Ils sont surveillés par la Tchéka - acronyme de "Commission extraordinaire panrusse pour la répression de la contre-révolution et du sabotage" qui donne "Всероссийская чрезвычайная комиссия по борьбе с контрреволюцией и саботажем" en russe; il s'agit alors d'un nouveau service secret.
La maison dans laquelle la famille et ses domestiques sont gardés est appelée "la Maison à Destination Spéciale". En effet, les fenêtres sont cadenassées, et des palissades ont été construites totu autour de la demeure pour la cacher aux yeux de tous.
Sûrement dût à l'arrivée imminentes des Russes blancs - des nobles, des partisans et des nationalistes tsaristes lors de la Révolution russe de 1917, fidèles au tsar Nicolas II - le sort de la famile et de sas suite est scellé : une fois le marmiton évacué, les membres de la famille impériale et ses domestiques sont réveillés durant la nuit du 16 au 17 juillet 1918. Les onze personnes sont exécutées aux alentours de deux heures du matin en moins de trois minutes, dans l'une des pièces du rez-de-chaussée de la Maison.
C'est un véritable massacre : le peloton d'exécution vise le coeur et achève les survivants d'une balle dans la tête et à coups de baïonnette.
Ce massacre aurait été commis pas un groupe de bolcheviks dirigé pas Sverdlov et Yourovsky, peut-être sur l'ordre de Lénine.
Les corps sont chargés dans un camion qui se dirige dans une forêt assez proche. Une fois les corps déshabillés, arrosés d'essence et brûlés, ils sont défigurés avec de l'acide sulfurique et jetés dans un puits de mine.
Ils furent retrouvés quelques jours plus tard et ensevelis sous un chemin de forêt.
Passons désormais à la légende.
À cause des déclarations contradictoires des journaux et de la confusion ayant régné pendant les opérations de dissimulation des corps, le trouble s'installe chez les Russes blancs qui investissent Iekaterinbourg le 25 juillet 1918.
Pendant longtemps, le sort de la famille impériale est resté sujet à de multiples controverses. En effet, bien que le juge Sokolov, dépêché par l'amiral Koltchak, conclut sur le champ au massacre collectif et à l'incinération de tous les corps, certains historiens contestèrent ses conclusions en s'appuyant sur des rumeurs répandues dans toute la région d'Iekaterinbourg.
Ainsi l'historienne Marina Gray, fille du général Denikine, essya de démontrer la survie de quelques membres de la famille impériale.
Le prénom d'Anastasia est cité fréquemment.
On raconte qu'Anastasia aurait survécu au massacre grâce aux bijoux et aux diamants cousus dans sa robe : ceux-ci auraient en effet fait ricocher les balles sans que la jeune femme ne soit touchée.
Lors d'un interrogatoire, un soldat certifia qu'il manquait un corps avant de les enterrer et que durant le trajet, il aurait entendu des gémissements d'humains.
Qui plus est, Anastasia aurait ainsi survécu aux coups de feu et aux coups des soldats léninistes dans la maison; bien que les soldats l'aient frappée, ils n'auraient pas vérifié si elle était bien morte.
Le mystère, la légende commence à ce moment précis de l'histoire : l'erreur de la non-vérification de la mort d'Anastasia et l'empressement d'enterrer les corps.
Par la suite, durant tout le XXème siècle, de nombreuses femmes ont prétendu être la grande-duchesse Anastasia. La plus célèbre d'entre elles est Anna Anderson.
En 1990, les corps de la famille impériale sont retrouvés et exhumés, puis identifiés par une analyse ADN. Deux corps manquent : celui du tsarévitch Alexei (le frère d'Anastasia) et celui de la d'Anastasia elle-même.
D'après le rapport de Yourovsky, l'un des deux hommes qui dirigèrent l'exécution, ces deux corps furent brûlés dans les bois voisins. Or il n'existe aucune preuve réelle de la mort du frère et de la s½ur.
En juillet 1998, Nicolas II et les membres de sa famille (mis-à-part Alexei et Anastasia bien sûr) ont été inhumé, aux côtés des quatre domestiques dans les cathédrales de Saint-Pierre et de Saint-Paul à Saint-Pétersbourg.
Le 14 août 2000, Nicolas II et sa famille furent canonisés par l'Église orthodoxe de Russie, et sont désormais considérés comme morts martyrs.